Il aura été difficile de tout précipiter, trouver le déménageur (le moins cher et le plus dispo) en qui je n'ai pas entièrement confiance mais bon, j'espère qu'il ne va pas perdre mes affaires en route !
Le camion est parti en fin d'après midi en emportant une partie de ma vie, mon appartement est vide et je vais passer ma dernière nuit parisienne chez ma voisine.
J'ai essayé de le rendre le plus propre possible, je suis tellement fatiguée, ma dernière opération est si proche et pas des moindres.
J'avais oublié la cave, bien remplie depuis des années, c'est fou ce qu'on accumule, c'est fou ce que je garde et pourtant j'en ai donné et jeté beaucoup.
J'ai énormément de cartons car quand on passe de la taille 40 à la taille 34 après chaque opération, il faut prévoir quelques vêtements pour s'adapter aux humeurs de son corps, je crois que c'est ça qui prend le plus de place.
Demain matin, je prends le train en direction de Nice et ma nouvelle demeure m'attend, je suis très chargée car j'ai pris ce qui était fragile et surtout les papiers importants, mes dossiers médicaux que j'ai tant de mal à obtenir à chaque fois, beaucoup de médecins font de la rétention d'information et c'est toujours une guerre pour obtenir des comptes rendus de consultations et d'opérations.
Je me demanderai toujours pourquoi car c'est mon corps et j'ai besoin de ces preuves pour pouvoir suivre mon long passé chirurgical.
Hasard ou coup du sort, j'ai mis 2 réveils et aucun ne sonnera, comment c'est possible, je les aurais éteint pendant mon sommeil sans m'en rendre compte ? C'est quand même bizarre.
Je me réveille donc en retard et là c'est le stress total, je fourre tout ce qui traîne dans ma valise et pars comme une folle ni douchée, sans avoir pris de petit déjeuner, il ne faut pas que je rate le train, je fais l'état des lieux du nouvel appartement le lendemain matin après une nuit d'hôtel et le camion n'arrivera que le surlendemain.
Le train est là, je trouve ma place et je souffle enfin car il n'y a plus qu'à attendre. Je n'éprouve rien, juste mes douleurs et ma fatigue, j'aurai tellement à faire en arrivant, je n'ose même pas y penser.
Le moteur ronronne, le paysage très triste de la banlieue de Paris défile sous mes yeux, puis la campagne sous un ciel gris.
5 h de route, 3h jusque Marseille et après 2 heures le long de la mer.
C'est vrai que soudainement le ciel est d'un bleu éclatant, les maisons ont changé de couleurs, les arbres sont différents, il y a des palmiers, le paysage est coloré et je ne regrette rien, je suis dans mon rêve qui débute, j'ai gommé Paris et je sais que ça ne me manquera pas. |