Je le connais par coeur ce trajet, le métro, les stations qui défilent et hop, je descends comme un automate et je refais le trajet de la peur. Heureusement, ma fidèle amie Sophie a tout fait pour se rendre disponible et m'accompagner, je la rejoins devant l'hôpital que j'ai l'impression de connaître par coeur et je suis très angoissée surtout lorsque j'arrive à la porte de son bureau et que je sais que je vais le revoir. Je me sens vraiment très mal.
Il me reçoit très vite, je retrouve le docteur Z comme je l'ai quitté.
Il n'hésite pas à redire devant elle qu'il a fait une grosse erreur, au moins il prend ses responsabilités bien qu'il doit se douter qu'elle est au courant, je ne pensais pas que ce serait sa première phrase.
Effectivement, il connaît bien son domaine et m'explique calmement et précisément toutes les techniques possibles dans le cas d'une fistule recto vaginale. Il fait des dessins à chaque fois, répond à nos questions, je ne dirai pas que cela me rassure, loin de là, mais j'arrive au moins à retenir mes émotions et à rester correct devant lui sans pleurnicher quand l'émotion me submerge.
Les trous sont tellement gros maintenant que toutes les techniques de base sont inutiles, il reste cependant au moins une alternative qui est une greffe appelée graciloplastie.
Il s'agit de retirer le muscle gracilis qui se trouve à l'arrière de la jambe gauche du genou à la cuisse, et (je résume), de le greffer entre le rectum et le vagin en laissant la base du muscle attachée en haut de la cuisse pour une histoire d'irrigation. Ce que je vous raconte est un résumé de cette technique en réalité plus complexe que cela.
Il est contre l'ablation du rectum car dit-il, c'est la dernière chose qui reste à faire quand tout le reste a échoué. La graciloplastie est une opération quand même lourde mais moins qu'une ablation.
Il me précise que de toute façon quoi qu'on fasse il y a 50% de réussite.
Ferai-je partie des chanceuses ?
Quoi qu'il en soit je préfère cette greffe à une ablation du rectum qui est pour moi une mutilation totale.
Il essaiera d'enlever le muscle en faisant des trous ou en ouvrant la jambe selon le cas.
J'apprendrai par la suite que tous les chirurgiens connaissent cette technique, qu'elle est rarement pratiquée et proposée car délicate à réaliser. On la réalise plus souvent pour des problèmes d'incontinence. Il est le seul à me proposer cette technique et j'en ai marre de réfléchir, je veux qu'on me répare, ça fait 4 mois que je porte cette poche avec mon intestin à l'intérieur et je voudrais retrouver une vie normale si possible.
Je dis ok, avec le consentement de Sophie qui me rassure et je décide de me faire opérer dans 3 jours, le jour où je devais pratiquer l'autre intervention d'ailleurs. Il me promet une chambre individuelle car maintenant dans les hôpitaux, on ne peut plus décider, cela dépend du planning du jour où on arrive.
Nous avons quand même parlé pendant plus d'une heure, je crois que j'ai compris ce qu'on allait me faire, je vais tenter de toute façon mais faire ça par le chirurgien responsable de tous mes ennuis m'embête beaucoup, retourner dans cet hôpital où je ne sais pourquoi on m'a si mal traitée, c'est ma tête qui se met à angoisser très fort.
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai envie d'en finir et de toute façon, il faut faire quelque chose, je n'ai pas vraiment le choix, je me dis que ça peut réussir, SI J'AVAIS SU .......................
|