Tout le monde me dit il faut porter plainte, aller au tribunal, attaquer, j'espère que tu portes plainte ....... Oui je sais, j'y pense et je vais le faire mais pour le moment, j'ai eu autre chose dans la tête, le temps s'écoule dans la souffrance, je pense aux projets que j'avais et que je dois annuler, je pense à ce qui va se passer, aux futurs opérations, comment je dois m'organiser, seule alors que je ne l'étais pas quand tout a commencé, je dois me battre constamment, au travail, dans ma vie, dans mon corps et ma tête.
Pour le moment je n' ai pas eu la force de songer à porter plainte car on ne peut pas se battre contre tout en même temps. Comme on dit il faut laisser du temps au temps et je suis un peu dépassée par les évènements. Je me bats déjà contre tellement de choses, contre moi-même pour ne pas me laisser aller.
Il faut en plus bien se renseigner et ne pas faire n'importe quoi. Tout le monde croit savoir autour de soi et tout le monde se trompe. Malheureusement je n'ai jamais souscrit une assurance me permettant d'avoir une couverture juridique au cas où ..
Je pense immédiatement à l'ordre des médecins car c'est vers cela qu'on me pousse mais non c'est uniquement pour les médecins exerçant en cabinet ou les cliniques mais pas pour l'hôpital public. Il n'y a pas 36 solutions, c'est le tribunal et un dénouement dans 7 ou 10 ans avec un avocat. Je n'ai pas les moyens de verser une provision à un avocat même si à la fin il se paie sur les résultats et attendre des années pour être fixée sur mon sort c'est impensable dans l'état actuel des choses. Je ne peux pas me projeter dans un an ni même dans 6 mois, comment pourrais-je me projeter dans tant d'années ? Impossible dans mon état d'esprit actuel.
Les bonnes âmes me diront qu'il existe des avocats gratuits mais je ne suis pas SDF, je ne suis pas au RMI, je n'ai pas d'enfant, donc je n'ai droit à rien. C'est comme ça.
J'apprendrai qu'il existe des associations pour les erreurs médicales mais en les appelant, je me rends compte que je ne rentre pas dans les "normes". Effectivement il faut 6 mois d'arrêts de travail que je n'ai pas encore, heureusement (je finirai par les avoir mais je ne sais pas encore que mon état va s'aggraver, cela vaut mieux !), il faut aussi remplir des conditions spécifiques, mon cas n'est pas assez grave, tant mieux pour moi.
J'apprendrai aussi qu'il existe une structure spéciale pour les hôpitaux de l'APHP et une manière de procéder bien spécifique. En effet il existe un endroit qui traite les affaires juridiques de l'APHP et toutes les erreurs médicales passent entre leurs mains. C'est comme l'IGN, la police des polices, et bien là c'est l'hôpital qui juge l'hôpital.
Il est possible d'être seul ou accompagné d'un avocat, le jugement se fait à "l'amiable" et à ce moment là l'hôpital fait une proposition d'indemnisation. Si il y a un désaccord, il est possible de poursuivre au tribunal de manière classique. En tout cas tout se fait sur dossier et par courrier. Si l'hôpital reconnaît ou non sa culpabilité, celle-ci est formulée par une lettre entre 2 mois et 4 mois après le dépôt du dossier initial.
C'est de cette façon que je vais essayer de prouver mon préjudice. L'avantage : c'est gratuit et rapide. L'inconvénient, il paraît que c'est beaucoup moins indemnisé car "à l'amiable" et pas de tribunal. Mais faudra pas qu'ils me prennent pour une imbécile parce que là ça va se finir dans un tribunal. |